Archives mensuelles : avril 2015

Comme un conte, de Graham Joyce

Aux éditions Bragelonne, collection « L’autre »

Depuis mon coup de cœur pour « Lignes de vie », je n’ai qu’une envie, c’est de découvrir d’autres œuvres de Graham Joyce. On m’a donc offert ce livre, et je l’ai ouvert le cœur battant, en me demandant ce que j’allais y trouver. Serais-je déçue, surprise, emballée ?
Comme un conte… Ce roman porte vraiment bien son titre.
Commeunconte G.JoyceL’histoire commence un soir de Noël, lorsque Dell et Mary s’apprêtent à passer un Noël un peu triste, sans leur fils aîné Peter et sa remuante famille, ni leur fille cadette Tara, disparue il y a vingt ans dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées. Un discret toc-toc à la porte les sort de leur tête-à-tête guindé. Et là, c’est le choc : sur le seuil, une jeune femme, non, une jeune fille toute dépenaillée. Dell lui demande poliment ce qu’elle fait là. Mary, elle, reconnaît aussitôt sa fille disparue, et tombe dans les pommes.
L’histoire s’enroule ensuite pour rejoindre le passé, et éclairer le présent, avec une habile mise en abîme entre le point de vue du psychiatre, les citations mises en exergue et les jeux sur la narration. Bref,Tara, par son retour, va tout chambouler, mais je me garderai de vous dire comment.
Alors que « Lignes de vie » nous guidait aux frontières du monde tangible et de la mort avec ses fantômes et ses esprits, ici, on embarque pour un voyage à la limite du merveilleux. Et c’est toute une résurgence de souvenirs de lectures et d’enfance qui remonte à la surface et entre en résonance. Alice, Peter… Quel enfant n’a pas volé dans les airs ou parlé à des chats en leur compagnie, un jour ?
J’ai retrouvé aussi des thèmes, des personnages qui m’avaient enchantée en lisant « Lignes de vie » : la frontière ambiguë entre fantasme et réalité, l’amitié et les liens, la famille un peu déglingue, une jeune héroïne fantasque et lunaire, la folie et le rêve, la poésie et le fantastique dans la banalité d’un quotidien par trop balisé. La possibilité, toujours, d’une résilience…
Alors suis-je conquise ? Définitivement oui. Une belle lecture, qui laisse un goût de rêve et d’adolescence, une fois le livre fermé.