Archives de l’auteur : emiliequerbalec

Black Dragon Juniors, de Michaël Nerjat (Présence Africaine)

Black Dragon Juniors, de Michaël Nerjat Présence Africaine

Roman d’inspiration autobiographique, Black Dragon Juniors nous emmène dans une cité sensible de Sartrouville, au début de l’été 1995. Michaël, jeune antillais qui vient de fêter ses 18 ans, prépare son BEP de comptabilité. Un jour où il est en train de jouer au basket, il voit apparaître une bande de lascars qui n’ont pas l’air d’avoir froid aux yeux. Fasciné, il n’a de cesse de retrouver leur chef afin de le convaincre de l’enrôler. Désormais, son rêve est d’intégrer les rangs de cette unité d’élite de guerriers urbains.

Entre épreuves initiatiques, apprentissage des techniques de combat et maniement des armes, Mickaël grandit et découvre les virées entre amis dans un Paris vibrant au son du rap. L’objectif des Black Dragons est de lutter contre les skins. Après un intermède en Guadeloupe où il passe un été torride et riche en aventures rocambolesques, Michaël connaîtra son baptême du feu quand les Tigres du Nord viennent leur chercher noise à la Défense, leur territoire.

Je ne me suis pas ennuyée une minute avec ce récit très vivant qui mêle fiction et réalité. L’action est au rendez-vous à chaque page, avec des scènes de bagarres ou de règlements de compte dignes d’un film noir à la Tarantino. Les personnages bien campés forment une galerie haute en couleur, et on plonge avec bonheur dans les sensations foisonnantes qu’évoque l’auteur lorsqu’il parle de la cuisine de sa mère ou des marchés de la Guadeloupe. Je me demande aussi comment va évoluer le jeune héros, qui se pose parfois la question des valeurs qu’il souhaite défendre au milieu de ce déchaînement de violence.

La réponse viendra peut-être dans la suite des aventures des Black Dragon Juniors. Il paraîtrait que Mickaël et sa bande de potes partiraient du côté de Haïti… Pour chasser du zombie ? Une chose est sûre : ça va secouer, et je la lirai avec plaisir.

Le monde inverti, de Christopher Priest (Folio SF)

Le monde inverti_C.Priest_Folio SF

Christopher Priest est considéré comme l’un des plus grands écrivains de SF de notre époque. Il a été consacré par de nombreux prix, dont le World Fantasy Award. Le monde inverti l’a imposé comme l’un des plus talentueux auteurs de SF britannique en 1974.

L’histoire est celle d’une ville qui se déplace en permanence sur des rails que l’on assemble et démonte au fur et à mesure de sa progression, dans un environnement vaguement hostile qui pourrait se situer sur une autre planète. On suit l’évolution d’Helward Mann, jeune homme qui rentre dans l’une des prestigieuses Guildes qui dirigent la cité. Son apprentissage passe non par les livres et la théorie, mais par l’expérience. Nous découvrons ainsi avec lui l’étrangeté de cette Terre où la surface au sol semble prendre la forme d’une hyperbole, à l’image de son astre solaire. Dans ce contexte, le mouvement de la ville vers l’ « optimum » est une question de survie.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette lecture, en partie parce que l’écriture très « factuelle » ne me faisait pas particulièrement vibrer, en partie parce que le personnage central de l’histoire ne m’inspirait pas grand-chose. Mais ce sentiment n’a pas duré : petit à petit, j’ai été happée par l’originalité de cet univers, et la curiosité m’a tenue en haleine jusqu’à la révélation sur cette inversion évoquée dans le titre. Le basculement final des points de vue crée une mise en abîme vertigineuse et nous amène à nous poser les éternelles questions : le monde est-il tel que nous le voyons, ou tel que l’on a appris qu’il devait être ? Où se situe la réalité, quand la vérité empirique des uns s’oppose diamétralement à celle des autres  ? Et si toutes nos certitudes s’écroulaient, pourrions-nous continuer à vivre ?

Quant à l’écriture, si elle m’avait semblé un peu froide de prime abord, j’ai fini par apprécier sa précision et la finesse avec laquelle sont suggérés les drames humains qui se jouent sous la surface des faits observables. Le destin et l’évolution d’Herlward ne m’ont pas à proprement parler bouleversée, mais j’ai été touchée.

En conclusion : une excellente lecture, qui m’a donné envie de découvrir d’autres œuvres de ce grand auteur de Science Fiction

Confessions d’une séancière, de Ketty Steward chez Mü Éditions

Confessions d’une séancière, K.Stewart

J’ai passé un très bon moment en compagnie de ce recueil de nouvelles signé Ketty Steward, qui puise dans sa culture afro-antillaise pour nous livrer ces contes fantastiques à la fois empreints de drôlerie et de poésie. Sous sa plume facétieuse, voilà que prend vie toute une galerie de personnages pleins d’humanité. Alors oui, l’autrice dénonce nos petits travers, elle observe nos cœurs sous la lentille parfois un peu cruelle de nos fuites et de nos évitements, et il y a quelque chose de la fable dans certaines de ces histoires. Mais jamais moralisatrice, ni cynique, toujours avec une forme d’affection et de bienveillance, même si le mauvais œil n’est jamais loin !

Pour moi qui connais assez peu les Antilles, cette lecture a aussi été un joli voyage dans un univers nouveau. Les contes sont ponctués de poèmes au graphisme joueur, et la dernière nouvelle, Tala ka vini, est écrite en créole. L’ensemble se clôt sur un petit lexique à l’intention des ignorants, comme moi. Oui, car savez-vous ce qu’est un Gadézafé, un Mako ou un Ababa ? Non ? Et savez-vous à quoi peut ressembler le déparlage d’une sorcière, ou quels crimes peut commettre un homme-bâton parrainé par un tchenbwazeur peu scrupuleux ? Hé bien, je ne peux que conseiller la lecture de cet ouvrage, aussi instructif qu’amusant, pour le découvrir. D’autant que l’écriture fluide, claire et dynamique nous emporte sans difficulté, et le livre avec sa jaquette soyeuse est un bel objet en soi. Bref, un vrai plaisir.

La Princesse super savante et la bataille d’énigmes, de Sabrina Inghilterra et Jules.

De Sabrina Inghilterra (texte) et Jules (dessins)

Sabrina Inghilterra et Jules – Belin Jeunesse

L’avis de Noémie , 9 ans, bientôt 10 :

J’ai bien aimé cet album, que je conseille aux enfants de 6 à 8 ans. C’est facile à lire, et il y a beaucoup d’images. J’aime beaucoup les dessins de roses. L’histoire est amusante et j’ai bien aimé le duel des énigmes, surtout quand le prince arrogant pose sa question.

La princesse super savante pèse 38 kg, comme moi ! Elle s’intéresse à tout, elle aime les mathématiques, les sciences et la lecture. C’est une princesse plutôt moderne, elle est rigolote. Mais ce qu’on apprend dans l’histoire, c’est que ça ne sert à rien d’être très intelligente si on n’a pas de rapports aux autres. Mon moment préféré, c’est quand elle se met à pleurer parce qu’elle n’a pas su comment répondre.

Au fait, j’ai réussi à résoudre presque toutes les énigmes !

L’avis de la maman :

Une chouette histoire, bourrée d’idées rigolotes, avec un message sympa. Le personnage de la princesse super savante m’a bien plu, en ce qu’il tord bien le cou à pas mal de clichés sur les petites filles (même princesses). L’album est de belle facture et cela peut aussi faire un joli cadeau.

C’est l’automne, nouvelle donne !

Enfin, peut-être pas. Mais quoi de neuf, docteur ?

Une interview de Dounia Charaf sur le site des Vagabonds du Rêve me donne la parole au sujet de mon roman Les Oubliés d’Ushtâr.

Le numéro 94 du Club Présences d’Esprits chronique aussi mon roman ! La revue est sur format papier, je vous mets un lien vers leur site très vite.

Le journal de ma ville m’offre une jolie tribune dans son numéro de novembre :

Ma nouvelle La cloche, hasta siempre ! , premier prix Visions du Futur 2018, paraît dans le AOC N°50

Au sommaire : Le Luck ou la vie de Christophe Orly (Accessit), Souvenirs du monde flottant d’Anne Goulard (3ème prix), Seul de Goliathus, et La Cloche, hasta siempre !

Enfin, pour clore l’année, ma nouvelle Les Sables d’Olonna paraît dans le Géante Rouge 2018, où j’ai eu la chance de pouvoir coordonner l’un des cahiers  :).

Bref, l’automne était riche en émotions. L’année 2019 sera plus calme : je me consacre surtout aux corrections de mon deuxième roman de planet opera.

Bonnes fêtes de fin d’année à tout.e.s !

(Ah, et il faut que je vous revienne vous parler de mes lecture, parce qu’il y a eu quelques coups de cœur <3).

 

 

Mai, Juin, tout plein de choses !

Le 21 mai est sorti mon roman : un moment très fort en émotion. Le plus déroutant sans doute a été de devoir le lâcher dans la nature. J’ai été très touchée par l’intérêt qu’ont manifesté des amis, des connaissances, ou même des lecteurs totalement inconnus, et j’espère que globalement ils passeront un bon moment de lecture.

Si vous souhaitez avoir quelques avis, c’est par ici.

Dans la foulée, j’ai « fait » mon premier salon aux Intergalactiques de Lyon, puis pour la toute première fois je me suis tenue derrière un stand d’éditeur aux Imaginales. Ça fait drôle. Un chouette moment comme toujours, mais avec une note particulière, donc, cette année 😊

Avec Hina Corel et Saiph Adelaide

Le 17 juin, deuxième surprise : l’annonce des prix Visions du Futur. Il y a deux ans, je gagnais le troisième prix derrière Bruno Pochesci et Éric Morlevat…. Cette année, j’ai la grande joie de me voir attribuer le premier prix ! Incroyable ! Voici donc le certificat que j’ai reçu lors de cette après-midi très sympathique sur la péniche où avaient lieu ces rencontres de l’imaginaire du Club Présences d’Esprits :

Le détail du palmarès.

 

Jury du Prix Visions du Futur et lauréats présents : Goliathus, Christophje Olry et moi-même.

Un moment fort en rigolade, comme vous pouvez le constater :

Avec Lilian Devigne et Bruno Pochesci

Quelques photos prises par Bernard Henninger et les éditions Arkuiris, qui étaient présentes pour présenter leurs anthologies, dont la dernière en date, Dans les villes de demain.

Beaucoup de joie, donc, de nouveaux amis, et le plein d’énergie pour écrire encore et encore ! (D’ailleurs, j’ai beaucoup écrit cette dernière semaine).

Côté lectures, comme toujours lorsque je suis en phase d’immersion dans l’écriture, ça reste modeste. Et je reste sur de la lecture de BD ou de nouvelles, sans doute parce que lorsque je plonge dans un roman, je ne peux plus rien faire d’autre que lire, lire, et lire encore !

Voici donc ma dernière lecture en matière de nouvelles : le numéro de Gandahar consacré aux grandes dames de la SF.

Couv. Gandahar 12 – Les grandes dames de la SF

Au sommaire, des autrices telles que Nathalie Henneberg, Julia Verlanger, mais aussi Joëlle Wintrebert, Sylvie Lainé ou Élisabeth Vonarburg., et des plumes méconnues telles que Noëlle Roger ou Christine Renard. Lisez-le ! il y a de véritables perles là-dedans 😊

Côté BD, gros coup de cœur pour L’adaptation du roman de Alain Damasio, la Horde du Contrevent. Pfffiou, la claque !

@bientôt pour la suite des aventures scribulatoires !

Les Oubliés d’Ushtâr – Avis,chroniques et interviews

Voici les liens vers deux interviews où je parle du roman :

Dounia Charf me donne la parole  le site des Vagabonds du Rêve,

merci à elle :).

Et différentes chroniques et avis . Il y a des coups de cœur, des coups de gueule, des avis un peu mitigés, à vous de piocher pour vous faire votre propre opinion 😉

« (…) Ce premier livre d’Emilie Querbalec est réussi. Il augure bien de la suite de la carrière de cette auteure qui a su, en peu de temps, se faire une place au soleil. Il n’est pas anodin de souligner que, grâce à la richesse et à la précision de ses descriptions, sa tonalité générale et sa capacité à évoquer tout un univers, cet ouvrage m’a fait penser au Jack Vance d’« Un Monde d’Azur. »

Didier Reboussin sur la Yozone

« Les Oubliés d’Ushtâr, c’est un roman à l’univers superbement construit, qui nous plongera profondément dans ses méandres, aussi beaux, que difficiles et ainsi, nous faire vivre une aventure incroyablement forte ! »

Vampilou sur le blog Elo-Dit

 

« (…) J’ai adoré ma lecture. Ce roman se dévore tant l’histoire est passionnante. L’intrigue est super bien menée et on n’a pas le temps de s’ennuyer, car chaque chapitre apporte son lot de rebondissement. 
Au fil de l’histoire, nous découvrons de nombreux personnages aux noms assez compliqués. Mais assez vite, je me suis faite aux noms des personnages et j’ai pris plaisir à découvrir les motivations de chacun.
« Les oubliés d’Ushtâr » est le premier roman d’Emilie Querbalec et déjà sa plume à tout d’une grande autrice. C’est d’une fluidité vraiment irréprochable qui fait que les chapitres se lisent très rapidement.(…) »

Nancy Delbos sur le blog Les livres de Nancy

 

« Les Oubliés d’Ushtâr est de ces livres qu’il est bon de lire et d’apprécier, mais dont il est difficile de parler, tant chacun aura sa propre interprétation de l’histoire. Lorsque j’ai terminé ma lecture, je me suis dit que c’était bien. Juste ça. En y réfléchissant ensuite, je me rends compte que ce roman présente des aspects tellement inédits qu’on ne peut pas y être indifférent.(…) »

Merryfantasy sur le blog Mes rêves éveillés

 

« Une lecture très agréable, rapide, incitant à la réflexion, avec un style riche et des personnages sympathiques (ou trèèèèèèès antipathiques^^) mais j’ai eu l’impression que le roman était trop court par rapport à ce qu’il avait à dire et à montrer. »

Symphonie sur le blog L’imaginaerium de Symphonie

« (…) le plus d’Emilie, ce sont les émotions, les sensations. Je n’ai jamais lu un(e) auteur(e) être aussi proche du ressenti et de me faire ressentir des émotions aussi forte à la lire.
Du coup, ses personnages sont forts, puissants, vous emmène ailleurs. Nous voulons juste savoir comment ils vont avancer.(…)

Yannick sur le Prose-Café

« J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui m’a accroché dés le début. J’y ai retrouvé des influences d’auteurs que j’adore : Franck Herbert, Philip K-Dick… beaucoup de descriptions très raffinées et sensuelles de la nature, des paysages et lieux, une recherche approfondie de la psychologie des personnages et des rapports entre eux, des idées d’éléments futuristes très bien trouvées.(…) »

Et les avis de lecteurs sur Amazon

« Faire le procès en originalité d’une oeuvre est toujours facile mais cela peut aussi se révéler injuste. Parfois l’auteur n’est tout simplement pas dans une démarche révolutionnaire, il s’inscrit juste dans un genre et en suit le sillon parce qu’il l’apprécie et aime en reproduire les ambiances, le lyrisme, etc… la démarche créatrice peut y conserver toute sa noblesse. (…) »

The SF Avenger sur Babelio :

« Le monde des Oubliés d’Ushtar est un monde de type Space-Opéra, dans lequel on ressent une véritable recherche de la part de l’auteure, avec à la fois une profondeur de mille-feuille (domination galactique par un impérium, planètes rebelles, ou rétives, etc.) et un souci du détail imaginatif et poétique au niveau des planètes sur lesquelles l’action se passe, mais sans l’ambition universelle d’un Herbert, Asimov, Vance, Reynolds, Morgan ou Simmons: seules deux planètes sont décrites avec plus de détails, la troisième n’étant l’arène de l’action que très brièvement. Néanmoins, la qualité et la richesse de texture du monde contribuent clairement à l’ambiance du livre, et me donnent envie d’en découvrir plus.(…) »

Ullman, sur Babelio

« (…) Les Oubliés d’Ushtâr est un bon premier roman de planète opéra qui ravira les fans du genre. Avec une ambiance exotique, il déroule une intrigue plutôt classique mais qui fonctionne grâce à un rythme soutenu et des personnages variés. Le style de l’auteure est élégant et varié, parfois poétique, parfois cinglant. On aurait aimé que ce soit l’introduction d’une saga, les ambitieuses civilisations développées ici ayant du potentiel. »

Nathalie Z, sur Sci-Fi Universe

« (…) Les oubliés d’Ushtâr est un gros roman, à la densité impressionnante. Pas de temps morts, pas de dilution d’intrigue, pas d’ennui en vue. L’univers créé par l’auteure est remarquable de complexité et d’originalité. (…). Sans doute un peu trop dense et riche pour un one-shot. On a l’impression de seulement effleurer ces cultures et le lecteur a très envie d’en savoir plus sur le comment elles se sont construites, croisées, séparées…(…) »

Sylvie Gagnère, sur La Grande Parade

Un grand merci aux blogueurs et chroniqueurs, ainsi qu’à tous les lecteurs qui ont lu mon roman et m’ont donné leur avis en privé <3.

Actualités de printemps

Le soleil est encore timide, mais cela n’empêche pas les projets de bouillonner. Ou plutôt, non, c’est une drôle de période, pour moi : beaucoup de lectures, peu d’écriture. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de travail!

Car enfin, je suis fière de vous annoncer la parution de mon premier roman, le 21 mai :).

En attendant, voici la couverture et la quatrième de couverture :

Et la quatrième de couverture, pour vous faire une idée 🙂 :

 

Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, j’ai eu la joie de voir l’une de mes nouvelles sélectionnée pour la parution d’un recueil sur le thème de la Ville du Futur chez Arkuiris. Ce texte avait été envoyé en réponse à un concours : Prix Écrire la Ville 2018 .

Côté lectures, il y a eu des découvertes : Nnedi Okorafor avec son roman « Qui a peur de la mort?« , et l’immense Kazuo Ishoguro, avec d’abord Le Géant enfoui, puis Lumière pâle sur les collines, suivie de Nocturnes  (cinq nouvelles du crépuscule)… et je lirai probablement toute son œuvre!

Plus d’infos prochainement! 🙂

Le Géant enfoui, de Kazuo Ishiguro

 

Ce roman est ma première lecture de Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017. J’avais vu l’adaptation cinématographique des « Vestiges du jour » à sa sortie dans les salles, et je m’attendais retrouver une ambiance relativement similaire. Que nenni !

Dans un pays de bruyère balayé par le souffle de la dragonne Querig, Axl et Béatrice entreprennent un long voyage qui doit les mener au village où vit leur fils bien-aimé. La région a été pacifiée après une ultime guerre opposant Saxons et Bretons, au prix d’un bain de sang terrible perpétré par les armées du roi Arthur. La mémoire de ces crimes s’est cependant évanouie dans la brume d’oubli qui plane sur les esprits et les lieux, tout comme s’estompent les souvenirs chéris du vieux couple.

La vengeance couve dans ce monde tissé de mythologie et de magie. De vieilles femmes vêtues de hardes noires hantent la lande désolée et des elfes enchantent les voyageurs perdus sur les berges de la rivière. Wistan, guerrier saxon envoyé par son roi, poursuit une mystérieuse mission. Les moines d’un monastère isolé nourrissent de sombres desseins….

L’écriture est belle, évoquant avec force mais aussi beaucoup de délicatesse les enjeux de ce voyage fantasmagorique. Tout est suggéré, et c’est sans doute ce qui donne à l’histoire tout son impact émotionnel. Il faut dire aussi que l’auteur nous transporte avec une grande maîtrise jusqu’au point culminant de la quête d’Axl et Béatrice, et la fin est de celles qui résonnent longtemps en nous après qu’on ait refermé le livre.

J’ai lu Le Géant enfoui, de Kazuo Ishiguro, dans sa version des Éditions des deux terres. On le trouve maintenant en Folio Poche, chez Gallimard, avec une autre couverture, tout aussi belle et sans doute plus fidèle à l’esprit du roman.