Confessions d’une séancière, de Ketty Steward chez Mü Éditions

Confessions d’une séancière, K.Stewart

J’ai passé un très bon moment en compagnie de ce recueil de nouvelles signé Ketty Steward, qui puise dans sa culture afro-antillaise pour nous livrer ces contes fantastiques à la fois empreints de drôlerie et de poésie. Sous sa plume facétieuse, voilà que prend vie toute une galerie de personnages pleins d’humanité. Alors oui, l’autrice dénonce nos petits travers, elle observe nos cœurs sous la lentille parfois un peu cruelle de nos fuites et de nos évitements, et il y a quelque chose de la fable dans certaines de ces histoires. Mais jamais moralisatrice, ni cynique, toujours avec une forme d’affection et de bienveillance, même si le mauvais œil n’est jamais loin !

Pour moi qui connais assez peu les Antilles, cette lecture a aussi été un joli voyage dans un univers nouveau. Les contes sont ponctués de poèmes au graphisme joueur, et la dernière nouvelle, Tala ka vini, est écrite en créole. L’ensemble se clôt sur un petit lexique à l’intention des ignorants, comme moi. Oui, car savez-vous ce qu’est un Gadézafé, un Mako ou un Ababa ? Non ? Et savez-vous à quoi peut ressembler le déparlage d’une sorcière, ou quels crimes peut commettre un homme-bâton parrainé par un tchenbwazeur peu scrupuleux ? Hé bien, je ne peux que conseiller la lecture de cet ouvrage, aussi instructif qu’amusant, pour le découvrir. D’autant que l’écriture fluide, claire et dynamique nous emporte sans difficulté, et le livre avec sa jaquette soyeuse est un bel objet en soi. Bref, un vrai plaisir.