Loar, de Loïc Henry (Folio SF)

Loâr Folio SFJe m’attendais à une histoire plutôt martiale au vu de la couverture du Folio, mais c’est un tout autre type de voyage que nous offre cette lecture : une rêverie douce et poétique dans un univers soigné, bien imaginé, où j’ai retrouvé avec plaisir des échos de F.Herbert (la saga de Dune) et de P.Bordage (la trilogie des Guerriers du silence) sans que ceux-ci soient réduits à une fades copies.  Au contraire, l’univers imaginé est original et rien que pour cela, ce roman mérite d’être goûté.

L’histoire n’est pas servie par une grande tension narrative ni par des personnages vraiment marquants dont on suivrait les péripéties avec une attention inquiète, mais l’écriture fluide, très agréable, nous entraîne sans effort.

J’ai apprécié le descriptif des stratégies et batailles spatiales, qui donne un aperçu distancié mais somme toute assez vraisemblable de ce à quoi pourrait ressembler une guerre de l’espace vue de loin. Les considérations religieuses, les passages oniriques avec les Daofined sont plaisants.

Un petit mot sur les personnages féminins: ils sont nombreux, et le fait qu’ils ne soient pas relégués à des rôles de second plan est un très bon point à mes yeux. En revanche, pourquoi sont-elles  toutes jeunes, minces et jolies ? Cela dit, les personnages masculins de premier plan sont aussi de tout jeunes gens. Cette galerie un peu éthérée renforce l’impression de rêverie, d’humanité fantasmée et idéalisée.

Pour conclure : un space opera sensible et onirique qui m’a sortie des habituelles intrigues à suspense et autres ficelles lasers qu’on retrouve trop souvent dans ce sous-genre SF.