Archives de catégorie : Mes lectures ❤

Étoiles sans issue, de Laurent Genefort

Deuxième roman de la collection de space opera dirigée par Stéphanie Nicot chez Scrineo, Etoile sans issue est aussi le soixantième (voire plus ? ) de l’auteur. Lorsque j’étais passée à la dédicace sur Paris à l’occasion de sa sortie, Laurent Genefort m’avait parlé d’une scène de bataille spatiale qui avait presque, à elle seule, motivé l’écriture de tout le roman.

Alors pour résumer, voilà un space op qui se lit d’une traite, et qui conjugue avec habileté tout ce que j’aime dans ce genre : de l’aventure, du voyage spatial, des planètes, des enjeux géopolitiques, avec aussi des personnages qui ne sont pas en carton-pâte et un peu de cette dimension réflexive sans quoi je trouve que le tout ne serait pas complet.

L’histoire est celle de Palestel, jeune homme tout ce qu’il y a d’ordinaire, qui se trouve pris en tenaille d’intrigues politiques qui le dépassent complètement, mais avec lequel il va devoir composer. Le moteur de l’histoire est donc cette fuite en avant dans un monde, le Compas, constitué de quelques planètes dominées par une seule dynastie régnante, en proie à des luttes intestines. D’un côté, les partisans de Bosmor, le Prime Garant qui vient d’être victime d’un attentat et dont la vie est suspendue à un fil. De l’autre, son fils Azat et sa folie religieuse qui lui font entreprendre une croisade à l’échelle cosmique, avec pour objectif la transformation radicale de la biosphère des mondes du Compas afin de les rendre semblables au « Berceau ». Azat, dont le bras droit guerrier n’est rien d’autre que son ancienne maîtresse Belake, clone entièrement fabriqué à l’image de ses désirs et devenue une déesse guerrière sans pitié…

Sur cette dynamique simple mais efficace, Laurent Genefort brode, construit, texture un univers complet qui s’insère lui-même dans la vaste toile tissée par les Vangk, mystérieux êtres qui ont légué à l’humanité des « portes » leur permettant de voyager instantanément d’un point à l’autre de l’univers, et que l’on voit apparaître dans d’autres mondes développés de l’auteur.

L’une des particularités de ce roman est aussi son personnage central. Palestel n’a rien d’un héros. Chez lui, pas d’aspiration élevée, pas de rêve de grandeur, pas de compétence ou de don hors du commun, c’est le hasard seul qui le place dans cette situation et son objectif n’est pas de sauver le monde, mais sa peau. Trivial ? Peut-être, mais à mon avis, c’est ce qui en fait un personnage hors des clichés que l’on rencontre ordinairement dans ce type de fiction, et le rend, finalement, proche de nous.

J’ai aussi particulièrement aimé l’écriture, nerveuse et concise, et le réalisme qui transpire à travers tous les décors, toutes les scènes, et jusque dans la psychologie des personnages et les relations qu’ils entretiennent entre deux.  Le vocabulaire technique et scientifique est dosé juste comme il faut à mon goût, avec un mélange de technologies qui nous sont proches, et des inventions qui nous projettent aussi bien dans la pure (science) fiction – comme ces dragons de combat fidèles à la caste régnante, ou ces armes prévues pour fonctionner spécifiquement en impesanteur. Les scènes d’action sont traitées selon le même principe, ce qui nous amène donc à cette fameuse bataille spatiale, point d’orgue de l’action, et dont le traitement est effectivement loin des effets spéciaux à la Star Wars (j’ai adoré).

En bref et en conclusion, j’ai découvert avec Etoiles sans issues une autre facette de l’écriture de Laurent Genefort, et je referme le livre à la fois admirative et repue. Promesse tenue, mon capitaine!

Journal de nuit, de Jack Womack, chez Folio SF

Lola Hart est une jeune adolescente New Yorkaise qui vit dans les beaux quartiers, non loin de Park Avenue. Pour ses douze ans, elle reçoit un journal intime, qu’elle prénomme Anne – et l’on pense tout de suite au journal d’Anne Frank, une lecture qui m’a d’ailleurs beaucoup marquée lorsque j’avais, justement, à peu près leur âge.

Tout paraît normal, dans la vie de Lola. Elle fréquente une école privée huppée, ses parents viennent de renvoyer la bonne, ce qui a libéré une pièce et ne l’oblige plus à partager sa chambre avec sa petite sœur. Ses préoccupations sont celles d’une jeune fille de son âge.

Et puis… petit à petit, la réalité s’invite dans cet univers surprotégé. Son père, scénariste, n’a plus de contrat. Sa mère, professeur d’anglais, perd son travail. Très vite, c’est la dégringolade, et la famille se voit contrainte de déménager aux portes de Harlem. Lola doit s’adapter, se faire de nouvelles amies… Amitiés très vives, qui marquent aussi son éveil à l’amour. Et à l’ostracisme social qu’ elle subit désormais dans son école s’ajoute celui, insidieux, de l’homophobie.

L’histoire pourrait être celle, ordinaire, de la chute d’une famille et de la manière dont elle s’adapte à ses nouvelles conditions de vie. Et en un sens, ça l’est, sauf que l’Amérique où Lola grandit n’est pas tout à fait celle que nous connaissons. Par petites touches, elle nous raconte à sa façon un monde où la normalité côtoie la pire violence, et l’on devine peu à peu un pays en crise, un pays qui, en réalité, est en train de sombrer dans la guerre civile. En choisissant de nous le montrer à travers l’expérience de sa jeune héroïne, Jack Womack réussit à nous rendre la situation terriblement proche… intime, pour tout dire. L’effet est glaçant.

Vous l’aurez compris, cette lecture m’a prise aux tripes. Je rangerais bien ce livre aux côtés d’un autre roman qui m’a tout autant bouleversée, je pense à « La Route », de Cormac Mc Carthy (ce dernier met en scène un père et un fils qui tentent de survivre dans une Amérique post-apocalyptique).

Paru au début des années 90, Journal de nuit est une dystopie qui donne corps à des frayeurs très actuelles. Il ne laissera personne indifférent.

Vestiges, de Laurence Suhner, aux éditions l’Atalante

Vestiges est le premier tome de la trilogie Quantika, et cela faisait un moment que je lorgnais du côté de ce roman. Il se trouve que l’auteur était en dédicace aux Utopiales 2016 à Nantes, c’était l’occasion de découvrir son univers !

Et, et, et…. Je l’avoue, oui, j’ai ADORÉ !

Vestiges_Roman L.Suhner

Alors de quoi ça parle ? Gemma est une planète de glace, en cours de colonisation. La richesse de son sous-sol attire les industries en manque de ressources, sa faune microbiologique et ses spécificités géologiques en font un terrain d’étude passionnant pour les scientifiques. D’ailleurs, Gemma a une particularité, et pas des moindres : elle a été visitée il y a douze mille ans par une civilisation extra-terrestre qui a laissé derrière elle un mystérieux et impénétrable artefact en orbite. Cette ombre inquiétante alimente les fantasmes et les peurs des colons, et sans doute leur présence constitue-t-elle un frein à une implantation massive de l’homme. Sans compter que depuis dix ans, d’étranges et terrifiants événements se produisent à la surface, en un point baptisé « point de collapsus », où des distorsions spatio-temporelles inexpliquées détruisent convois et installations humaines.

Le professeur Stanislas, physicien, étudie ces phénomènes. Retranché dans une ancienne station climatologique avec une poignée de collègues, il n’a de cesse de percer le secret de ces paradoxes. Les hypothèses vont bon train, toutes plus farfelues les unes que les autres. S’agit-il d’une sorte de machine qui détraquerait la réalité ? Sa fille Kya, à peine sortie de l’adolescence, supporte mal le manque d’attention de ce père qui a la tête dans ses calculs plus qu’il ne l’écoute. Son besoin de liberté la pousse à rejoindre les Enfants de Gemma, une bande de guérilleros qui luttent pour la libération de leur planète. Tout se précipite lorsqu’une équipe de scientifiques dirigée par Ambre Pasquier débarque en bordure du glacier. Leur objectif : mettre à jour de très anciens vestiges enfouis dans les profondeurs de Gemma. Vestiges qui, curieusement, se trouvent pile dans l’axe du point de Collapsus. Comment Ambre Pasquier a-t-elle su où orienter ses fouilles est encore une énigme, car elle n’a confié à personne ces rêves qui la hantent, où une voix la guide à travers ces portiques assombris jusqu’à une porte, l’enjoignant à danser au rythme de ses pulsations. Les spécialistes qui l’entourent ne se doutent pas qu’ils sont en train d’ouvrir la boîte de Pandore…

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi captivée par une lecture. Si vous voulez vous faire une petite idée de ce magnifique planet opera, jetez d’abord un coup d’œil à la couverture, absolument somptueuse. Voyage, quête d’absolu et exploration sont au rendez-vous, mais dans une langue et avec des personnages modernes, qui pourront même paraître familiers. L’impression de réalité est jouissive, pour un peu, on s’y croirait. Le background scientifique est solide, très documenté, savoureux, mais comme de juste lorsqu’il s’agit de rencontre avec le troisième type, la dimension philosophique, voire mystique, est tout aussi prégnante. En résumé, tout est bon, dans Vestige ! On y trouve le plaisir tout simple de tourner les pages avec avidité pour connaître la suite de chaque chapitre, le plaisir du rêve et du voyage, de la plongée dans l’imaginaire, le plaisir de s’attacher à des personnages, de se laisser guider par leurs passions, leurs réflexions ou leurs aventures, le tout servi avec une narration et un style à la fois efficace et imagé.

La petite frustration, c’est que le tome 1 s’achève sur un suspense. La bonne nouvelle, en ce qui me concerne, c’est que les tomes 2 et 3 sont déjà parus!

En attendant, si vous êtes curieux ou si comme moi, vous avez envie de prolonger encore votre visite de cet univers, il est possible de découvrir plus de facettes du monde de Quantika sur le site de l’auteur http://www.quantika-sf.com

Planète géante, l’intégrale, chez Le Bélial

Planète géante, l'intégrale

Jack Vance est un grand monsieur de la SF qui aimait bourlinguer et rien que cela, en dehors de toute considération littéraire, me le rend éminemment sympathique.

« Big Planet » est une œuvre phare dans le genre du Planet Opera. Publié une première fois en 1951, il fut réédité par la suite, dans des versions nettoyées de toute trace de sexe, violence ou immoralité afin de satisfaire aux bonnes mœurs du lectorat de l’époque. Heureusement, ici, point de censure ! Avec cette intégrale, Le Bélial nous offre une version définitive et complète, certainement plus à même de plaire au lecteur adulte. (Soit dit en passant, pour ce qui est de la violence, nous sommes très loin de ce qui se fait de nos jours dans les divertissements vidéoludiques ou télévisuels.)

Bref, tant mieux, car une chose est sûre, ce classique qui n’a pas pris une ride ! Pourtant, je l’avoue, j’étais plutôt sceptique de prime abord, surtout lorsque j’ai vu que l’intrigue prendrait la forme d’une quête somme toute assez linéaire. Comme quoi même le plus éprouvé des canevas, s’il est utilisé avec brio, peut donner un résultat étonnant.

Le livre regroupe donc deux romans, « Planète géante » et « Les Balladins de la planète géante ». Si vous aimez la science-fiction qui fait voyager dans des mondes exotiques et sauvages, vous serez comblés.

En plus du dépaysement, deux choses aussi m’ont charmée : le ton, avec cette pointe d’humour vraiment délicieuse qui a l’air d’être la griffe de l’auteur ; et le fait que ces histoires n’ont pas de prétention moraliste, quoiqu’elles ne soient pas exemptes de nombreux clins d’œil soulignant nos petits travers bien humains.

Dans le premier roman, nous suivons donc les aventures d’un émissaire de la Terre qui doit diriger une commission d’enquête sur la Planète Géante. En effet, celle-ci est bien trop éloignée de la planète mère pour rentrer dans le champ de sa juridiction. Sur ce monde, l’étrange et le bizarre côtoient le meurtre, la torture et le cannibalisme. Le vaisseau qui transporte l’aventureux émissaire s’abîme sur des terres très éloignées de l’enclave terrienne où il devait se rendre. Regroupant les survivants de l’attentat, noter héros décide de rejoindre cette zone de sécurité, mais pour cela, il lui faut traverser à ses risques et périls 65 000 km de terres et de mers quasi inconnues. Son voyage lui réserve bien des surprises.

Mais au fait, qu’est-ce que cette drôle de planète ? Selon le « Guide des planètes habitées », il s’agit du plus proche satellite de l’étoile jaune Phèdre. L’une de ses caractéristiques, outre sa taille phénoménale, c’est sa pauvreté en métal. Ceci entraînant cela, aucune civilisation technologique ne s’y est réellement développée. Les armes y sont de facture quasi médiévale, et si l’on y trouve des pistolets ioniques ou thermiques, ils sont importés de l’extérieur au prix d’un trafic peu recommandable. La venue d’une commission d’enquête pourrait d’ailleurs en gêner certains.

Ce qui fait aussi de cette planète le lieu de toutes les aventures, ce sont ses habitants. Colonisée par des groupes fuyant les contraintes des lois terriennes et résolus à vivre selon leurs propres principes et croyances, elle a jadis accueilli tous les dissidents, anarchistes, déviants et marginaux de toute engeance. Leurs descendants ont formé des communautés isolées dont on découvre les particularités au fil de cette quête.

Dans le deuxième roman, nous suivons les tribulations d’Apollon Zamp, un directeur de bateau-théâtre qui va tenter de gagner le concours dramatique le plus prisé de la Planète Géante. Son parcours est évidemment semé d’embûches, et on se demande bien comment, après tant de mésaventures, il va réussir à atteindre le lointain royaume de Mornune.

Les situations cocasses s’enchaînent de manière théâtrale, allusions et jeux de mots se glissent avec facétie dans l’histoire. L’humour est léger, saupoudré avec malice, un vrai régal.

Au fur et à mesure qu’il s’enlise dans son projet, l’enjeu, pour Apollon Zamp, devient double : séduire la glaciale Demoiselle Blanche-Aster, et réussir à revisiter un grand classique de la Terre antique, MacBeth, alors que son rival veut lui imposer une vision austère et traditionaliste de l’Art. Divertissement d’un côté, tragédie de l’autre… Malgré tout, il se pourrait bien que leurs conceptions a priori inconciliables finissent par se compléter, mais nous ne le saurons qu’à la fin.

En attendant, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Petite note rajoutée ultérieurement:

Le seul bémol, et qui se confirme à la lecture d’une autre compilation de l’auteur (Les chroniques de Durdane ), est le rôle attribué aux personnages féminins dans ses histoires. Soit elles sont objet du désir et font preuve d’une duplicité ambigüe, soit elles se cantonnent au rôle de potiche (secrétaire, par exemple), soit elles sont écervelées; parfois elles jouent un rôle positif quoique secondaire, en tant que mère ou amante…. N’ayant pas lu toute l’œuvre de Jack Vance, je ne généraliserai pas, mais enfin… J’avoue qu’à la longue, ce sexisme réitéré devient lassant, et tiédit sérieusement mon envie de découvrir ses autres romans.

Loar, de Loïc Henry (Folio SF)

Loâr Folio SFJe m’attendais à une histoire plutôt martiale au vu de la couverture du Folio, mais c’est un tout autre type de voyage que nous offre cette lecture : une rêverie douce et poétique dans un univers soigné, bien imaginé, où j’ai retrouvé avec plaisir des échos de F.Herbert (la saga de Dune) et de P.Bordage (la trilogie des Guerriers du silence) sans que ceux-ci soient réduits à une fades copies.  Au contraire, l’univers imaginé est original et rien que pour cela, ce roman mérite d’être goûté.

L’histoire n’est pas servie par une grande tension narrative ni par des personnages vraiment marquants dont on suivrait les péripéties avec une attention inquiète, mais l’écriture fluide, très agréable, nous entraîne sans effort.

J’ai apprécié le descriptif des stratégies et batailles spatiales, qui donne un aperçu distancié mais somme toute assez vraisemblable de ce à quoi pourrait ressembler une guerre de l’espace vue de loin. Les considérations religieuses, les passages oniriques avec les Daofined sont plaisants.

Un petit mot sur les personnages féminins: ils sont nombreux, et le fait qu’ils ne soient pas relégués à des rôles de second plan est un très bon point à mes yeux. En revanche, pourquoi sont-elles  toutes jeunes, minces et jolies ? Cela dit, les personnages masculins de premier plan sont aussi de tout jeunes gens. Cette galerie un peu éthérée renforce l’impression de rêverie, d’humanité fantasmée et idéalisée.

Pour conclure : un space opera sensible et onirique qui m’a sortie des habituelles intrigues à suspense et autres ficelles lasers qu’on retrouve trop souvent dans ce sous-genre SF.

L’Éveil du Léviathan, chez Babel, Actes Sud

the-expanse,-tome-1Du bon, très bon Space Op, avec semelles magnétiques, propulseurs Epstein, embrouilles géopolitiques, créature extraterrestre pas glop et tutti quanti. L’histoire est suffisamment complexe pour nous tenir en haleine jusqu’aux derniers rebondissements. Un roman bourré d’action, un peu moins de l’onirisme qui fait le charme d’autres Space Opera que j’aime aussi beaucoup, mais le petit plus, ce sont les éléments de polar et d’horreur qui s’invitent dans l’intrigue.

L’auteur, je l’ai découvert, n’est autre que l’assistant du grand J.R.R Martin. Voilà qui l’intronise déjà. Le roman a donné une série,  The Expanse, qui n’est pas encore diffusée en France. Il est le premier tome d’une longue saga.

Une lecture divertissante, que je recommande aux amateurs d’intrigue bien ficelée et d’action menée tambour battant.

Les limites de l’enchantement, Graham Joyce

Coup de coeur à nouveau pour un roman de cet auteur! La chronique est disponible sur le site de Phenix-Web.

limites-de-l-enchantementCe que je n’y dis pas, c’est que l’une des raisons pour lesquelles j’ADORE Graham Joyce, c’est que ses histoires me font toujours du bien. Il évoque pourtant des tas de sujets difficiles ou douloureux, mais il le fait avec la douceur d’un ange, comme s’il voulait nous bercer de toute la tendresse qu’il éprouve pour ses personnages. Il y a beaucoup d’amour, dans ses livres, et un désir de consoler, d’apaiser. Enfin, c’est mon sentiment, et je le partage, là! 😉

Fiction numéro 20, les Indés de l’imaginaire

Fiction N°20Cette chronique a été rédigée dans le cadre de Phenix-Web, et je la partage ici car j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture.

Ce numéro 20 de Fiction est le premier du collectif éditorial des Indés de l’Imaginaire, et malheureusement aussi le dernier. La suppression des subventions qui permettaient au magazine de vivre avait d’ailleurs poussé les éditeurs à faire appel à une contribution collective, grâce à laquelle cette dernière édition avait pu aboutir.
Et c’est heureux, car lire et feuilleter ce numéro est un vrai régal. Le format est celui d’un livre, les pages sont agréables au toucher. Quant au contenu, interviews, articles, portfolios et nouvelles se suivent sans se ressembler, pour notre plus grand plaisir.
(…)

En ce qui concerne les nouvelles, il y en a beaucoup, ce qui n’est pas pour me déplaire ! Je les ai lues comme je lis habituellement ce type de format, c’est-à-dire petit à petit, entre deux romans. Comme il y en a un certain nombre, je ne vous parlerai que de celles qui m’ont particulièrement plu, ou surprise.
(…)
« Garde du Corps » de Karl Bunker est une histoire délicate et nostalgique, qui nous emmène sur une lointaine planète peuplée d’un peuple reptilien, dont les codes d’honneur ne sont pas sans nous rappeler certains codes guerriers extrême-orientaux.. « Une très ancienne épée elfique », de Jim Aikin, est un petit bijou, où la cruauté le dispute au mystère dans une ambiance digne d’un Sherlock Holmes. J’ai souri en lisant « Trois feuilles d’Aloes » de Rand B.Lee, qui évoque les relations mouvementées d’une ado rebelle et bagarreuse avec sa mère, à laquelle on propose l’implant d’une puce d’inhibition d’agressivité sur sa fille en échange du droit accordé à celle-ci de poursuivre des études dans l’établissement huppé de la ville.
« Propriétés aliénées » m’a fait passer un excellent moment. Pas de grandiloquence, ici, pour cette rencontre entre créatures venues d’ailleurs et humains, mais une bonne partie de poker et une mémorable couronne sucrée suprême au cherry.
« Fleurs de Lune » de Phil Becker (enfin un auteur francophone !) est une petite merveille aussi. Le récit démarre sous la forme d’une enquête policière dans un contexte un peu obscur, mais on comprend vite que les enjeux ne sont pas là où on les soupçonnait – la chute n’en est que meilleure.
« Se faire Emily » (Dickinson) de Joe Haldeman est aussi une très jolie nouvelle, drôle et troublante à la fois. « Le rivage au bord du monde » de Eugène Mirabelli nous transporte dans une atmosphère douce comme un crépuscule d’été dans les îles Grecques. « Le kami, la jeune fille et la fleur » de Marc Oreggia nous plonge dans l’univers post-apocalyptique de la bombe A – une fillette trouve refuge dans un temple resté miraculeusement debout dans les ruines de Nagasaki, et y croise un esprit bienveillant. La fin est poignante.
Du rire, encore, avec « Mon Bionid, mon Bionid douillet » de Pat MacEwen. Imaginez une maison conçue avec vos propres tissus pour éviter toute réaction allergique… Rire encore, avec « La fabrique de fées » de Jeffrey Ford, dans un univers qui plaira aux amateurs de steampunk. Et si vous avez aimé l’humour et la plume de cet auteur, vous aurez le plaisir de le retrouver dans un deuxième récit, tout aussi amusant, quoique dans un univers plus moderne, « La technologie de Pittsburg ».

Le cycle de Dune, F.Herbert

MessieDeDune

On ne présente pas Dune, n’est-ce pas? Je le mets dans mes coups de cœur lecture car Dune est LE roman qui m’a donné envie d’écrire de la science-fiction (avec les films de Miyazaki), et je n’ai pas honte de revendiquer son influence :). C’est juste géant.

Omale 1, de Laurent Genefort

Omale L.Genefort

Voilà un des meilleurs romans de space opera que j’ai lus ces derniers temps. Mon plaisir, avec ce type de lecture, est celui de m’immerger complètement dans un univers imaginaire riche et foisonnant. Philosophie, religion, ethnologie, botanique, politique… rien n’est laissé de côté dans ce voyage au cœur d’Omale – un artefact stellaire mystérieux où des formes de vie intelligentes vont apprendre à cohabiter, alors que tout les sépare.