Archives de catégorie : Pour me lire

« Un souvenir d’été », dans le Fanzine « Éveil »

Voir mon histoire acceptée par le comité de ce petit fanzine associatif a été un vrai rayon de soleil :). Le thème de leur Appel à Textes m’avait enchantée : « éclosion ». L’histoire que je leur ai envoyée est tirée d’une nouvelle plus ancienne, et évoque la relation entre un homme vieillissant et son fils…

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La lire

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Manon Bousquet, Laurent Pendarias, Anne Goulard, Violette Paquet

Avec des illustrations d’Anne-So Deligny, Epicta, Delphine Gueniffey, Saphir et Terryjil.

Bilan très personnel du speed-dating, Imaginales 2015

Alors qu’est-ce donc que le speed dating auteur-éditeur des Imaginales?

Imaginez une salle chaleureuse dans une auberge où une poignée d’éditeurs de SFFF ( Science-Fiction, Fantasy, Fantastique) se dévouent pour vous recevoir. Le principe : présenter son œuvre en moins de dix minutes.
Cela fait déjà loin, donc tout n’est plus très frais dans ma mémoire. Ce qui est sûr, c’est que j’avais la tête gonflée à l’hélium en sortant des cinq entretiens qui me furent accordés.
D’ailleurs, quelqu’un sait comment font ces vaillants éditeurs pour supporter ces rafales de pitch et synos en série? Est-ce qu’ils ne font pas d’overdose de doliprane suite au SD?

Voici donc mon bilan:

Premier éditeur, ActuSF. Très gentil, il a tellement pitié de moi qu’il m’explique comment aborder l’entretien suivant : avec la quatrième de couv. Et là, gros blanc : mais, mais, mais, je n’ai pas préparé de quatrième de couv !  . Cela dit, j’ai réussi à ne pas faire pipi dans ma culotte.
Bon, je survis à ce premier échec et me dirige courageusement vers l’échafaud suivant.
Là, j’essaye de présenter mon roman de manière un peu plus constructive qu’avec le précédent, mais là encore, l’éditrice a tellement pitié de ma prestation qu’elle me récite le catalogue des conditions tarifaires, heu, non, d’envoi de manuscrits de sa maison d’édition.
Suit Critic, face à qui je réussis à bafouiller un bout de résumé avant de perdre le fil de mes pensées. Pas brillant, mais on dirait que je progresse! Soyons positifs.
Ah, mais le suivant, c’est celui que je pensais qu’il valait mieux éviter, tant je suis persuadée que je n’ai aucune chance chez eux, j’ai nommé Stéphane Marsan de Bragelonne.
Et là, ô miracle, j’arrive à parler de mon roman sans avoir l’impression :
1) De m’enliser dans une bouse de vache bien fraîche
2) De foncer dans un mur à 240 km/heures sans airbag
3) D’avoir oublié de prendre mon cerveau en venant.
( rayer la mention inutile).
Enfin, le monsieur de l’Atalante, épuisé, me reçoit, tout aussi lessivée, sur le coin de son pupitre. De lassitude, j’omets 40% du discours que j’ai préparé, et nous nous saluons, aussi soulagés l’un que l’autre d’en avoir enfin fini.

Mais c’était bien, quand même. C’était même génial!

Sinon, les questions qui m’ont été posées… :
1) Et les personnages?
2) Qu’est-ce que vous aimez lire?
3) Ça commence dans l’action?
4) Combien de temps avez-vous travaillé sur ce projet de roman?
5) C’est votre premier roman?
Et quelques autres questions plus spécifiques à mon oeuvre.

Si je devais le refaire, je préparerais mieux mon synopsis, mon pitch, et… une quatrième de couverture!

Les dessous de Lisse, …

« Lisse, le cordon » que vous pouvez lire dans le recueil collectif Malpertuis VI, a été écrit entre 2007 et 2010, il est l’un de mes tout premiers textes. Il fait partie d’un ensemble d’une dizaine de nouvelles qui tourne autour du thème de la maternité, tout comme « Coccinelles » paru dans le recueil Folie(s) chez les Artistes Fous Associés. Ces textes ont été retouchés récemment, lorsque j’ai commencé à participer à des « Appels à Textes ». J’avais sans doute un peu progressé en matière d’écriture, et certains défauts étaient trop flagrants pour ne pas être repris.

Malpertuis VILe ton est intime, et on m’a déjà demandé à plusieurs reprises si ces histoires étaient autobiographiques. Oui, dans un sens. Ce sont des mélanges de rêves, d’expériences vécues, de fragments d’histoires qu’on m’a racontées, de sensations, des fantasmes.
« Lisse, le cordon » s’intitulait à l’origine « Le cordon », et c’était l’histoire d’une jeune femme qui devait faire le deuil de sa mère pour devenir elle-même mère. Le deuil est un thème qui revient souvent dans mes écrits. L’histoire était douce, et se terminait sur un apaisement. Il y avait dedans des fantômes, avec la scène dans la cuisine, mais en lieu et place de la chevelure, c’était un bout de cordon ombilical qui se baladait sur le carrelage. Cela se terminait dans un cimetière avec un fantôme d’enfant qui disparaissait derrière une tombe.

J’ai utilisé cette base pour répondre à un appel à textes fin 2014. Mon histoire n’a pas été retenue, et tant mieux parce j’y avais inséré un détail pour coller aux consignes, qui ne me plaisait pas. Je l’ai enlevé, et comme l’aspect fantastique était assez présent, je l’ai envoyé à Thomas Bauduret. GustavKlimtLesTroisAgesDeLaVie1905-300x300Mes sources d’inspiration sont diverses. La peinture décrite au début de l’histoire est inspirée de ce tableau de Gustave Klimt, « Les trois âges de la femme ». Souvent on n’en représente qu’une partie, celle où la jeune mère enlace tendrement sa fille, et on occulte la partie gauche du tableau, celle où la femme vieillie, honteuse, se cache derrière sa chevelure grise. J’avais envie d’explorer cette partie occultée, mais sous une autre forme.
Trop souvent on voudrait faire de la mère une icône d’amour et de tendresse, et on refuse de voir l’ambivalence ou la fragilité qui sont en elle, comme en tout être. C’est notre société qui veut ça. Les femmes doivent se plier à ce carcan moral qui vient, peut-être, de notre culture judéo-chrétienne.
La narratrice dans cette histoire est bisexuelle, elle rêve d’autres hommes dans les bras de son partenaire, elle est hantée par des fantômes, à moins que ça ne soit par sa culpabilité. Et sans doute a-t-elle des fantasmes de cordes et de chair sanglée.

De moi, il y a surtout le rêve du départ, avec les carcasses ensanglantées. C’était le genre de rêves que je faisais quand j’étais enceinte. Et il y a aussi cette histoire de fille qui se pend dans son armoire. Vous vous dites peut-être que c’est de la fiction ! Mais non : un jour, j’ai appris que la fille d’une amie s’était suicidée ainsi, elle avait vingt ans. Encore un sujet qui dérange, parce qu’il fait peur.
Au fait, vous vous demandez peut-être si dans « Coccinelles » il y a des éléments autobiographiques ? La réponse est oui : notamment la scène de la fin, où la narratrice a l’impression d’être en résonance empathique avec son bébé. Quand je vous dis qu’il se passe des choses étranges dans le psychisme d’une jeune mère !

Je remercie beaucoup Thomas Bauduret d’avoir inclus ce texte court et un peu bizarre dans son anthologie.

D’un bleu étourdissant

Voici une première micro-nouvelle, écrite dans le cadre d’un jeu et à lire en 3 minutes.
La règle? Très simple : écrire un texte comprenant dix mots obligatoires. Les voici: limace, outrecuidance, tourte, juxtaposition, ménagère, invoquer, étourdissant, demain, pouvoir, univers.

Voici donc ma participation : Bonne lecture! 🙂

Ficelée comme elle l’était, cette vieille tourte d’Angel tenait bon. J’allais devoir le cuisiner encore, mais je sentais que je n’allais pas pouvoir jouer très longtemps. Pas trop mon truc, de tabasser les copains.
— Ne l’abîme pas trop, mon gars. Dès fois qu’il nous clamse entre les mains.
Paolo ne voulait pas se salir. Le costard impeccable, la coupe nette et le menton rasé de frais, il avait l’outrecuidance du cadre propre sur lui. Mais fallait voir ses lèvres ! Rouges et épaisses, elles s’étiraient comme deux limaces au milieu de son visage. Une bouche de carpe, et vorace, avec ça.
— Dis-nous où t’as mis ce fric, Angel, je répète. Et on te fout la paix.
Angel nous défie, goguenard. Sa trogne est une juxtaposition de gnons de toutes les couleurs, un vrai tableau. Un artiste, je suis. Je lui balance une baffe, histoire de le réveiller.
— J’parlerai pas, il grogne.
Bon sang de bonsoir ! Je sens le flingue de Paolo dans mon dos. J’imagine son doigt qui caresse la gâchette. C’est moi qu’il va buter, si ça continue. J’invoque tous les dieux de l’enfer de me venir en aide. On n’aurait jamais dû s’associer avec lui dans cette affaire. Ça sentait le roussi dès le début, mais Angel était sûr de son coup. Maintenant c’est trop tard. On ne peut plus faire marche arrière.
Paolo toussote.
— Allez, Angel, je murmure. Parle. On s’en fout, de ce fric. Parle, qu’on se tire de là vite fait.
Angel dodeline du chef. Hier encore, on se prenait pour les rois de l’univers, et nous voilà coincés comme des rats dans le pire des trous. Pour ce qui est de demain, repassez plus tard.
Paolo s’approche :
— Dégages, imbécile.
Vlan. Un coup de crosse en pleine tête. Angel crache du sang.
— T’es dingue ou quoi ! je lui dis, au paolo. Tu veux le tuer ?
Il me jauge, il calcule. Mais moi je lis dans sa cervelle comme dans un livre ouvert. Ouais, je suis devin aussi, à mes heures. En une seconde j’ai pris ma décision : maintenant !
Le coup part sans crier gare. Le flingue valdingue trois mètres derrière. J’ai peut-être grandi dans le ruisseau, mais j’suis pas né de la dernière pluie. Paolo s’affale en avant. Un ou deux coups de bottes dans les côtes, histoire de bien l’assaisonner. Je vais ramasser le pétard. Trois balles dans le crâne, voilà qui fera son affaire.
Je me tourne vers Angel. Il marmonne :
— Putain mon vieux, j’ai cru qu’il allait jamais bouger.
— Moi aussi, vieux. Je suis désolé.
— La prochaine fois, c’est moi qui jouerai les gros bras.
— C’est de bonne guerre.
Je le détache avec précaution. Il est tellement amoché qu’il n’arrive pas à aligner deux pas. Je le porte comme un moutard. Allez, on se tire de là. On l’a eu, le salaud.
Dehors, le ciel est d’un bleu étourdissant. C’est dimanche, le marché bat son plein. Les ménagères se pressent pour acheter leur poisson. Avec tout le fric qu’on a gagné, on va pouvoir en bouffer, du poisson. De la carpe, même.
Quand même, la prochaine fois, on la jouera mollo.

« Coccinelles », dans le recueil collectif « Folie(s) »

Coccinelles est l’une de mes toutes premières tentatives d’écriture … Il fallait bien une poignée de fous pour y croire! Merci à eux.

Couverture de Cham


Folie(s)

18 textes échappés de l’asile.


Où le trouver ?

Critiques.


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